Compte rendu de l’Atelier 1 du “Rendez-vous de la gauche d’après”, tenu le vendredi 28 août, 17h30-19h30, à Blois.

L’atelier a réuni une quarantaine de participants, dont la plupart d’entre eux étaient militants dans une centrale syndicale. Maurice Braud dans une courte introduction a rappelé que ce débat prenait place après la dernière livraison de Recherche socialiste (n°90-91) qui dressait un état du mouvement syndical français après les mouvements sociaux des derniers mois. Cet atelier était pour l’équipe de l’Ours un prolongement naturel du débat entre des militants socialistes et les responsables des grandes centrales présentes. Nous souhaitions approfondir la réflexion sur les grands enjeux de moyen terme du monde du travail et de la société française : climat, mondialisation, stratégies et formes des entreprises, évolution de la relation et des formes de travail, rôle des technologies digitales, …

Chacun des responsables invités (Michel Beaugas, secrétaire confédéral de Force ouvrière, Dominique Coron, secrétaire général adjoint de l’UNSA, Frédéric Sève, secrétaire national de la CFDT et Céline Verzeletti, secrétaire fédérale de la CGT) s’est efforcé d’apporter les approches de son organisation à partir de ses spécificités et de son histoire.

Questions concrêtes
Le débat avec la salle a permis de revenir à des enjeux plus particuliers et plus proches de l’actualité : réforme des instances représentatives du personnel (IRP) et mise en place des comités sociaux et économiques (CSE), spécificité de la syndicalisation dans les TPE, réforme de la formation professionnelle et mise en place du compte personnel de formation, licenciements consécutifs à la crise sanitaire dans certains secteurs particuliers (exemple du tourisme, avec un camarade salarié du voyagiste TUI qui organise la mobilisation des salariés dans une intersyndicale), face à la division syndicale quelle(s) stratégie(s) d’union,…

Notre atelier n’avait pas vocation à répondre à toutes les questions et interrogations des participants, mais plutôt d’identifier et de convenir avec tous de thèmes et de sujets sur lesquels nous poursuivrons la discussion et le travail en commun, à réaliser sous une forme ou une autre. Les grands thèmes généraux déjà listés au cours de la première phase de l’atelier (climat, mondialisation,..), sur lesquels les quatre centrales présentes sont en fait d’ores et déjà très investies, conduisent aujourd’hui à définir plus précisément l’action syndicale avec la société civile et l’action plus spécifiquement politique, mais aussi à les articuler l’une l’autre pour avancer réellement sur ces grands enjeux. En prenant en compte la spécificité historique française de la relation entre partis et syndicats après la Charte d’Amiens (1906), l’important est néanmoins de trouver une synthèse adaptée sur ces sujets à la tension dialectique entre lutte et mobilisation sociales d’une part, action et propositions politiques d’autre part.

Défis communs aux organisations
Recherche socialiste faisait un point de l’évaluation de la représentativité du mouvement syndical à partir de la généralisation de l’élection. La discussion a permis d’aller un peu plus loin, en pointant aussi des défis communs à nos organisations, qu’elles soient syndicales ou politiques : les unes et les autres participent régulièrement à des élections (professionnelles ou politiques) qui mesurent leur représentativité et elles sont des organisations d’adhérents et de militants. Comment, à partir du vote et de l’élection, élargir l’adhésion et le militantisme dans une société dont les formes de politisation se transforment ? Comment et dans quelle mesure le développement des réseaux sociaux et du digital peut-il (ou non) nous aider à élargir et à renforcer les adhésions et le concours militant de nos organisations, qui sont à la base de la vie démocratique ?

On le voit, les points et thèmes d’intérêt général désormais identifiés devront être examinés et étudiés plus précisément dans des débats et des travaux à venir dont l’OURS devra prendre sa part.

M B.