vendredi 17 septembre 2021
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Marivo, par Gilles Candar

Un bref et attachant récit de la vie de Marie-Claude Vaillant Couturier (1912-1996), figure de la résistance et de la déportation, personnalité du monde communiste, députée du Val-de-Marne de 1945 à 1958 et de 1962 à 1973. Gérard Streiff, Marivo, Marie-Claude Vaillant-Couturier, une vie de résistance, préface de Charles Fiterman, Maisons-Laffitte, Ampelos, 2021, 142 p., 10 €

Certes, sans les négliger absolument, l’auteur atténue ou contourne quelques aspérités relatives à certains détours et dures réalités de la période stalinienne. Mais il va à l’essentiel et dessine un portrait rapide, éloquent et émouvant, d’une belle personne, issue d’un milieu à la fois bourgeois et lettré, passionnée de justice et combattante résolue. Charles Fiterman, qui signe la préface, décrit me semble-t-il au plus juste ce qui faisait son rayonnement : « un étonnant alliage de force, de caractère et de tendresse, d’affirmation de soi et de modestie naturelle, d’élégance et de simplicité ». 

Venu d’Allemagne à la suite d’un duel, Hermann Vogel (1856-1918), le grand-père de Marie-Claude, était dessinateur et caricaturiste de presse, collaborant au Rire et à L’Assiette au beurre, abonné à L’Humanité et, selon Gérard Streiff, de sympathies guesdistes. Son fils Lucien Vogel (1886-1954) est un important éditeur et homme de presse, de La Gazette du Bon Ton à Vu, homme de gauche et antifasciste résolu. Il épouse Cosette de Brunhoff (1886-1964), sœur de Jean de Brunhoff (1899-1937), créateur de Babar. C’est dans ce milieu intellectuel, créatif, plutôt militant et bon vivant, fort bien évoqué ici, que Marie-Claude rencontre Paul Vaillant-Couturier (1892-1937), son compagnon et premier mari. C’est aussi le milieu de son second mari, Pierre Villon (1901-1980), né Roger Ginsburgerarchitecte de formation et militant comme elle de l’Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (1932), plus tard dirigeant de la Résistance communiste et député de l’Allier. Reporter-photographe, Marie-Claude participe à tous ces combats, assurant les premiers reportages sur les camps nazis à Dachau et Oranienburg. Le cœur de l’ouvrage est évidemment fourni par sa participation à la Résistance, puis à sa déportation dans les camps d’Auschwitz et de Ravensbrück, à l’action ensuite pour la mémoire et la transmission. L’auteur publie plusieurs témoignages de Marie-Claude Vaillant-Couturier elle-même et des extraits de sa correspondance qui donnent une belle et poignante densité à son étude. Peut-être aurions-nous souhaité en apprendre un peu plus sur son activité d’élue et de militante après-guerre ? Mais nécessairement cela aurait été autre chose et il fallait mieux s’attacher à saisir l’éclat de cette « vie de résistance ».

Gilles Candar

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