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L’image d’un parti : des roses et des flèches

La rose n’a pas toujours été la fleur des socialistes. Leur univers symbolique est riche d’autres éléments qui les ont accompagnés dans leur traversée du XXe siècle : le drapeau rouge, leur Marianne, avec ou sans bonnet phrygien, le soleil levant, les rouges coquelicots et églantines, le poing levé dans les années 1930, et enfin, la rose des années 1970…
L’esthétique socialiste puise dans une symbolique républicaine portée par la Révolution, revue et interprétée pour accompagner ses luttes.L’album du centenaire réalisé par Parti socialiste, Des poings et des roses (Éditions La Martinière, 2005), offre de nombreux exemples, d’hier à aujourd’hui, de la permanence de ces images.

Trois insignes pour un siècle :
le drapeau rouge, les trois flèches, le poings et la rose.

De 1905 à la fin des années 1930, le drapeau rouge avec les lettres PS est l’insigne officiel arboré à la boutonnière par les militants pendant les manifestations. Il cohabite avec les rouges églantines et coquelicot, le fusil brisé des Jeunesses socialistes, ou le soleil levant des anciens du Parti ouvrier français (POF) de Jules Guesde.

Dans les années 1930, l’affrontement avec le fascisme donne naissance, côté socialiste, à un signe de ralliement : les trois flèches. Conçues par Serge Tchakhotine pour barrer sur les murs les croix gammées des nazis, elles sont à l’origine d’un renouveau des images de propagande socialistes : elles sont parfois associées au slogan du Front populaire, “pain, paix, liberté”, mais aussi à d’autres mot d’ordre se déclinant sur un rythme ternaire : le parti, le syndicat, la coopérative. Les graphistes les interpréteront de multiples manières dans les affiches et tracts socialistes. Jusque dans les années 1960, elles s’identifient au Parti socialiste SFIO et disparaissent avec lui en 1969.

En 1971, le Parti socialiste adopte un nouvel emblème, le poing et la rose. Imaginé par des militants du CERES de la fédération de Paris en 1970 (conçu par Yann Berriet et dessiné par Marc Bonnet), son succès est très rapide. Alliance de la force du poing et la douceur de la rose, il évoque les luttes et les espérances des socialistes. Il amalgame des images anciennes et nouvelles, et peut donc séduire un large public. Sa couleur rouge le rattache à l’histoire de la gauche. Il est aussi à l’origine d’une nouvelle couleur politique, le rose, qui désigne depuis les socialistes (qui eux se revendiquent rouges, et utilisent peu cette couleur dans leur palette)

Le Poing et la rose, logo devenu symbole, est repris par de nombreux autres partis socialistes dans le monde dès le milieu des années 1970 (Espagne, Belgique, Chili,… ) et par l’Internationale socialiste, et souvent réinterprété graphiquement. Depuis les années 1980; e poing a tendance à s’effacer progressivement devant la rose qui s’impose comme la fleur des socialistes. La Rose aux étoiles témoigne de ce succès.

Le Parti socialiste français, même s’il a légèrement retouché son le dessin de son emblème, est le seul membre du PSE à ne pas avoir changé de logo au cours des dernières années.

Frédéric Cépède

Cf. « Le Poing et la rose, la saga d’un logo », Vingtième siècle, revue d’histoire, n° 49, janvier mars 1996 et « Des symboles, des logos, des images, À la recherche de l’Europe des socialistes », Recherche socialiste n° 26, mars 2004.

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