Archives : la presse socialiste, 1905-1969 : présentation

Les socialistes ont publié de nombreux périodiques (presse quotidienne, hebdomadaires, revues, bulletins internes divers, feuilles épisodiques) qui, en l’absence de véritable archives structurées avant 1944, restent bien souvent la source principale d’information pour de nombreux événements. Pour la période qui va de la Commune de Paris à la Première Guerre mondiale, Marjorie Gaudemer a repéré plus de 1600 titres à travers toute la France. Cet inventaire chronologique liste les périodiques édités par la SFIO ou les tendances du Parti que nous avons pu repérer, et précise ainsi les vecteurs de la propagande, interne ou externe, en fonction des « publics » visés.

Malheureusement, nous ne disposons pas des collections complètes de tous les titres présentés ici, et il faudra se reporter à nos catalogues pour vérifier les numéros consultables à l’OURS. Notre parti pris a été de signaler tous les titres repérés, à l’exception de la presse fédérale pour laquelle nous ne signalons que les titres conservés à l’OURS même quand nous ne disposons que de quelques numéros. Les titres en « rouge » sont des liens vers les titres numérisés consultables en ligne (rappelons qu’en règle générale, les périodiques numérisées le sont jusqu’en 1944 ; ainsi, la collection du Populaire 1944-1970 n’est pas numérisée, mais elle est consultable à l’OURS).

I. 1905-1920
L’Humanité, de Jean Jaurès, lancée en avril 1904, est le quotidien phare de la SFIO jusqu’à la scission en décembre 1920. C’est cependant l’hebdomadaire Le Socialiste, créé par Jules Guesde en août 1885, qui devient au lendemain de l’unité, en avril 1905, l’organe officiel du Parti, jusqu’en mai 1914. A partir de cette date, il parait de façon irrégulière jusqu’en 1923. De 1909 à 1913, les guesdistes se retrouvent dans un hebdomadaire de tendance, Le Socialisme.
C’est l’époque où fleurissent les revues. La Revue socialiste, mensuelle, recréée en janvier 1885 par Benoît Malon (1841-1893), survit à la disparition de son fondateur et poursuit sa carrière jusqu’en juin 1914. Le Mouvement socialiste, fondé en 1899 par Hubert Lagardelle et Jean Longuet, parait également jusqu’en juin 1914 (quelques années seulement sont numérisées). La Vie socialiste, revue bimensuelle internationale de Francis de Pressensé, sort 19 numéros, entre novembre 1904 et août 1905. La Société future, de Lucien Deslinières, parait de février à juillet 1905. La Revue syndicaliste d’Albert Thomas, destinée aux militants ouvriers, dont le premier numéro sort en 1905, fusionne en janvier 1910 avec La Revue socialiste qui prend comme sous titre: Syndicaliste et coopérative. En janvier 1914, les guesdistes, arrêtant Le Socialisme, lancent la revue bimensuelle Socialisme et lutte de classe, revue marxiste de langue française ; le dernier numéro, n°14, est daté de juillet 1914.

On doit signaler, à partir de 1912, la parution de La Femme socialiste, organe d’éducation et de propagande, que dirige Louise Saumoneau. Les jeunesses ont aussi leur presse et notamment La Voix des jeunes (1913-1914). La propagande antimilitariste trouve sa place dans Le Pioupiou de l’Yonne (1901-1911).

En matière de presse de fédérations, on trouve à l’OURS Le Travailleur du Périgord (1907), organe hebdomadaire de la fédération socialiste de Dordogne, dirigé par Paul Faure.

À la marge du Parti, notons les journaux édités par des membres de la SFIO comme La Guerre sociale, de Gustave Hervé, hebdomadaire créé en 1906 qui devient quotidien en 1914-1915 ou La Vague, l’hebdomadaire de combat de Pierre Brizon, 1918-1923. De même, Floréal, hebdomadaire illustré du monde du travail, dirigé par Joseph Paul-Boncour, rend régulièrement compte des congrès du Parti socialiste (1919-1923) (sur l »histoire de cette revue, suivre ce lien). Signalons enfin Le Bonnet Rouge, de Miguel Almereyda, hebdomadaire créé le 22 novembre 1913 et qui devient quotidien en mars 1914 en mars (paraît jusqu’en 1917 puis quelques numéros en 1922)

L’Avenir, « Revue du socialisme », dirigée par Jean-Baptiste Séverac et les « majoritaires de guerre » devenus « minoritaires », parait de 1916 à 1923.

Le Populaire, fondé par Jean Longuet en mai 1916, est un « Journal revue hebdomadaire de propagande socialiste et internationaliste ». Il devient quotidien sous le titre Le Populaire de Paris, journal socialiste du soir, le 11 avril 1918.

II) 1921-1940
Après le congrès de Tours, et la scission qui voit les majoritaires diriger un “Parti socialiste, section française de l’Internationale communiste (SFIC)” et conserver la direction du quotidien L’Humanité, Le Populaire de Paris annonce en première page le 30 mars 1921 qu’à compter du 8 avril il sortira le matin et qu’il sera « l’organe officiel du Parti socialiste SFIO ». L’Humanité, de son côté, modifie son sous-titre “journal communiste” en “journal communiste” le même jour.

Dirigé dans un premier temps par Léon Blum et Jean Longuet, Le Populaire de Paris est l’instrument privilégié de propagande du Parti, mais il n’arrive pas à s’imposer. Manque de moyens financiers et concurrence de la presse socialiste de province, le quotidien devient bimensuel en 1924, sous la direction du secrétaire général Paul Faure, et de Jean-Baptiste Séverac. Un nouveau Populaire quotidien est relancé le 22 janvier 1927, dont Léon Blum devient le directeur, et l’éditorialiste. Il paraîtra régulièrement jusqu’en juin 1940, passant de 4 à 6 voire 8 pages en fonction du contexte politique. Un supplément mensuel, La Vie du Parti, 1929-1940, encarté dans le journal, publie les textes principaux, les motions pour les congrès. Un autre supplément, Faits et chiffres, sort entre 1932-1934. En 1922-1923, Le Socialiste reparaît pour 4 numéros.

Au cours de cette période, les principales revues de doctrine sont :
L’Avenir déjà évoquée,
La Nouvelle Revue socialiste, 1925-1931, animée par L-O Frossard et Jean Longuet ;
Révolte, revue mensuelle pour l’émancipation du prolétariat par le prolétariat, puis revue mensuelle d’éducation et d’action socialistes : elle fait plus ou moins suite à la NRS, et paraît de 1931 à 1934 ;
Etudes socialistes, revue de l’Union des techniciens socialistes (UTS), 1938-1939, aimée par Jules Moch.

Des bulletins internes paraissent irrégulièrement. Relevons : Documentation et Propagande (1926-1927), le Bulletin socialiste, hebdomadaire de documentation et de propagande (1931-1938), le Bulletin d’informations Socialistes, éducation, discipline, propagande (1936-1937), Les Cahiers du propagandiste (1938-1939), Les Cahiers socialistes, pour l’Education, la synthèse et l’action socialiste (1938).

Les Jeunesses socialistes ont leurs périodiques : Le Cri des jeunes, 1928-1937, et Jeunesse à partir de 1936 ; les étudiants, L’Etudiant socialiste, 1928-1937 puis Essais et combats (1938-1939).

Le groupe parlementaire édite un bulletin, Groupe socialiste au Parlement, dont nous n’avons que quelques numéros (1934-1935).

Louise Saumoneau publie toujours en direction des femmes, La Femme socialiste, 1912-1940 puis un trimestriel, Propagande et documentation ; Suzanne Buisson lance La Tribune de la femme socialiste, 1936-1938.

Signalons une expérience unique : Vendredi, hebdomadaire littéraire, politique et satirique, né d’une réaction d’intellectuels de gauche (André Chamson, Andrée Viollis, Jean Guéhenno…) au 6 février 34. C’est l’hebdomadaire du Front populaire. Son premier numéro sort le 8 novembre 1935E; il meurt avec le Front populaire, en novembre 1938.

La presse de tendance est active. Pierre Renaudel publie La Vie socialiste, entre 1920 et 1923 puis de 1926 à 1935, qui devient à partir de la scission des « néos », en novembre 1933, le périodique du Parti socialiste de France. Pour les législatives de 1932, les Éditions de la Vie socialiste publient des fascicules, Documentation pour la campagne électorale.

L’ « extrême gauche » de la SFIO publie L’Etincelle, puis L’Etincelle socialiste (1925-1937). Lucien Laurat et Marcelle Pommera animent le « Courant marxiste », fondé en 1933, et éditent le Combat marxiste (1933-1936) et Idée et Action (1936-1937). Entre 1934-1935, une tendance Bolcheviste-léniniste publie La Vérité.

Paul Faure, Bracke, Zyromski, Pivert font paraître en mai 1926 un hebdomadaire, La correspondance socialiste, qui disparaît à la fin de l’année, quand reparaît Le Populaire. Ils publient alors le mensuel La Bataille socialiste du nom de leur tendance entre 1927 et 1935, puis Zyromski seul lance une nouvelle série entre 1935 et 1939.

Georges Lefranc et la tendance Révolution constructive publient le Bulletin de Révolution constructive, 1933, un mensuel Révolution constructive en 1934-1935, et des Cahiers de Révolution constructive.

Marceau Pivert publie le journal de sa tendance La Gauche révolutionnaire, 1935-1937 puis Les Cahiers rouges, mensuels, 1937-1939 et Juin 36.

Avant la guerre, les « bellicistes » antimunichois de la SFIO créent un bimensuel Agir, Pour la paix, pour le socialisme où l’on retrouve Léo Lagrange, Pierre Brossolette, Tanguy-Prigent, Daniel Mayer… Les « ultra-pacifistes » de la SFIO, autour de Zoretti, se regroupent dans la tendance Redressement qui publie Redressement, 1939-1940. Les pacifistes « paul-fauristes » éditent les hebdomadaires Le Socialiste puis Le Pays socialiste en 1939-1940.

Aux marges du Parti, on pourra consulter : Spartacus (1934-1935) et Masses, revue d’action prolétarienne, puis bulletin mensuel d’information des groupes d’études : Socialisme et Liberté (1931-1939), dirigés par René Lefeuvre; relevons, enfin, les revues Maghreb, les documents marocains, dirigée par Robert-Jean Longuet et Les Droits Civils, dirigée par un socialiste, Maurice Delépine.

Parmi les grands quotidiens socialistes publiés en province, certains ont été numérisés :
Le Midi socialiste (1909-1944), Bibliothèque de Toulouse.
Le Populaire de Centre (1905-1947), Bibliothèque numérique du Limousin.

En ce qui concerne la presse fédérale, nous conservons, pour la fédération de la Seine, Le Combat social, hebdomadaire des travailleurs de la région parisienne, dont le directeur est Bracke ; il parait à partir de 1924, au moment où Le Populaire est bimensuel et s’autodissout en décembre 1926 quand celui-ci redevient quotidien. Egalement, quelques exemplaires (1930-1933) du Bulletin mensuel du service de documentation, dirigé par Marceau Pivert et édité par la fédération de la Seine. Les fédérations de l’Yonne et du Loiret publient Le Combat, puis Le Réveil de l’Yonne et du Loiret (1934-1939). Maurice Deixonne, dans le cantal, crée Le Socialiste (1935-1939). Les élus du Nord éditaient en 1920 un Bulletin des élus municipaux qui devint , après la scission, Bulletin de l’Union des élus socialistes du Nord (SFIO).

Certaines sections éditaient également un bulletin : signalons, Le socialiste nogentais, bulletin bimensuel d’information de la section de Nogent-sur-Marne (1933-1939) ; La feuille socialiste, organe des sections socialistes SFIO du canton de Nogent-sur-Marne (1928-1932) ; La voix socialiste de la Banlieue-Est, organe officiel des sections SFIO des cantons de Nogent ; le Bulletin des élus municipaux, qui devient le Bulletin de l’Union des élus socialistes du Nord (SFIO), 1920-1921 ; La Cognée, bulletin officiel de la XIe section socialiste SFIO de la Seine (1937-1938).

Enfin, certains groupes d’entreprises publiaient également leur bulletin : L’Employé socialiste, organe mensuel de l’amicale socialiste des magasins Galeries Lafayette, 1936-1937 ; Agir, organe des amicales socialistes de la finance et de la nouveauté, 1937.

Le Populaire est « auto-dessous » par la direction du Parti socialiste en juillet 1940. Durant l’Occupation, Le Populaire est un journal clandestin, dont deux éditions mensuelles paraissent en zones nord et sud. À partir du 26 décembre 1943, les socialistes résistants font paraître à Alger, sous la direction de Vincent Auriol, Fraternité, hebdomadaire du Parti socialiste. Ce titre est publié jusqu’en août 1944.

III) 1944-1969 (pour cette période, nos collections de la presse « externe » nationale de la SFIO sont quasi complètes (sauf pour La Moisson, La Vie heureuse…). Nous avons quelques lacunes s’agissant de la presse des Jeunesses et des Étudiants, des femmes socialistes, et de certains secteurs. Les titres de presse signalés en rouge ont été numérisés par la Fondation Jean-Jaurès à partir de nos collections et des siennes ).

Le Populaire, redevient quotidien le 25 août 1944. Le quotidien socialiste qui diffuse quelque temps à la libération près de 250 000 exemplaires est un des grands titres de la période. Mais, dès 1946, il connaît une division par deux de sa diffusion et rencontre les mêmes difficultés qu’avant-guerre. Dans les années 1950, il passe de 30 000 à 20 000 exemplaires, et dans les années 60, sa diffusion ne dépasse pas 5000 exemplaires. Il se transforme en Le Populaire-Démocratie en avril 1966, après sa fusion avec Démocratie (hebdomadaire « socialisant » lancé en 1959 par Guy Mollet) et ne parait plus que trois fois par semaine. Il « meurt » en février 1970. Claude Fuzier en est le dernier rédacteur en chef.

Un hebdomadaire, Le Populaire-Dimanche, dirigé par Oreste Rosenfeld puis en 1954 par René Naegelen, parait entre 1948-1961 Il rencontre un réel succès dans ces premières années mais les difficultés apparaissent au début des années ; il fusionne avec Démocratie en 1961, mais son titre disparaît.

À la libération, le Parti socialiste SFIO a mis sur pied l’Agence de presse de la liberté, qui proposera, jusqu’au début des années 70, dans un bulletin ronéoté, des informations et des articles pour les journaux socialistes de province dans un bulletin hebdomadaire du même nom.

La revue de doctrine de la SFIO est La Revue socialiste, revue mensuelle lancée en 1946 par les Cercles d’études Jean Jaurès, elle se place dans le sillage de la revue de Benoît Malon. Elle parait pendant toute la période sous la direction d’Ernest Labrousse (1946-1954) puis d’Etienne Weill-Raynal (1954-1969).

Parmi la presse socialisante de la libération, signalons, Clartés (1945-1946) dirigé par Georges Izard et Jean Texcier, et Gavroche (1944-1948).

La presse interne est abondante et variée. Le Bulletin intérieur du parti socialiste SFIO, mensuel, 1945-1969 est le véritable « JO » de la SFIO. Il publie de nombreux suppléments comme les fiches Arguments et Ripostes (doctrine et politique), le supplément Section d’organisation (vie interne et propagande), 1950-1962, le bulletin Outre Mer, 1955-1956, les Points de vue et controverses (qui sortent irrégulièrement et fonctionnent comme une tribune libre lors de la crise de 1958, en 1962) et les Rapports des congrès.

Les militants peuvent également s’informer avec le Bulletin du Parti socialiste, destiné à l’information des sections et municipalités socialistes (1947), Les Documents populaires (1947-1948), La Documentation politique, bulletin hebdomadaire (1949-1955), La Documentation socialiste, bulletin mensuel (1955-1969), et ses suppléments, Les Cahiers du propagandiste socialiste (1955-1956) reproduisant essentiellement des discours, La Documentation socialiste internationale (1957-1968), Flash Info, bulletin d’information du PS (1963).

Les groupes de travail et commissions nationales de la SFIO ont aussi leurs bulletins : Études socialistes, hebdomadaire de l’Ecole socialiste (1947-1948), A toute vitesse, organe des groupes socialistes de cheminots (1946-1951), le Bulletin national des groupe socialiste d’entreprises (SFIO), La Documentation ouvrière (1 numéro non daté), Le Travailleur socialiste, organe de la commission nationale ouvrière (1959-1965), le Bulletin de liaison de la Commission nationale ouvrière (1962), PTT socialiste (1956), Le Cheminot socialiste (1956), Gueules Noires, organe de liaison des mineurs socialistes, mensuel (numéros 1 à 4, 1956-1957), Agir, bulletin de liaison des groupes d’action familiale et sociale de la SFIO (1964-1965).

Sur les questions d’éducation, les enseignants socialistes éditent :
L’Université socialiste, mensuel des Cercles Jean Jaurès, 1952-1981 ;
L’École de France dans le monde, revue mensuelle, animée par Roger Parmelan, à laquelle participent de nombreux socialiste (1958-1965).

Sur les questions agricoles, la SFIO édite : La Moisson (1944-1947), Forces Paysannes, revue mensuelle de documentation agricole (1945-1958), Terre et socialisme (1955), Le Paysan socialiste (1964).

Les Jeunesses publient : un Bulletin national intérieur (1944-1946), un hebdomadaire Jeunesse (1944-1946), puis Le Drapeau Rouge (1946-1948), Les Trois flèches (1948), Jeune Militant (1950-1951), Luttes (1951-1962), Les Cahiers rouges d’éducation (1955-1963), L’Etudiant socialiste (1952-1958), Luttes nouvelles, 1964-1965. Dans le Nord-Pas-de-Calais on trouve, en 1945, Jeunesses socialistes ou encore La Jeune garde, organe des jeunesses socialistes du Boulonnais (1964-1965). En direction des plus jeunes, Kim, « le grand journal des petits », est édité avec la collaboration des Amis de l’enfance ouvrière (décembre 1946-1947).

En direction des femmes, on peut lire : La Vie heureuse, magazine hebdomadaire (1946-1947), la Revue de la Femme socialiste (1946-1947), le Journal de la Femme socialiste (1955-1956), Femmes (1962-1965). Dans les années 1960, on peut se reporter également aux publications du Club Louise Michel, animé par Jeannette Brutelle-Duba.

Les anciens du parti ont leur organe Le Vétéran socialiste (1949-1976) dirigé par Gilbert Nowina.

Les élus publient : un Bulletin d’information, Assemblée nationale constituante (1946), L’Elu socialiste, organe mensuel de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (1946-1959), puis Communes de France, revue mensuelle des élus socialistes et républicains, qui parait à partir de 1959 (elle est devenue trimestrielle dans les années 2000, et disparaît en 2016).

On retrouve, malgré l’ « interdiction statutaire » des tendances, une presse des courants de pensées animée par des socialistes :
La Pensée socialiste (1946-1948), revue mensuelle dirigée par Jean Rous, regroupe les partisans d’un « redressement doctrinal ».
La Bataille socialiste, 1947-1948, prône l’unité d’action avec le PC, et ses militants seront exclus en 1948.
Sauver le Parti, parait en 1948 ; Vigilance, organe socialiste réservé aux membres de la SFIO sort en mars 1948.
Informations internationales, Correspondance socialiste, Entre-Nous, Correspondance socialiste internationale, sont publiés par Marceau Pivert et ses proches entre 1945 et 1958, dans la fédération de la Seine et peuvent, en fonction de l’actualité et des positions de Pivert, devenir des bulletins de « tendance ».
Tribune du Socialisme, mensuel créé par les minoritaires en 1958, devient après la scission de septembre 1958, l’organe du Parti socialiste autonome.

A la marge du Parti socialiste, on trouve également Masses/Socialisme et Liberté (1946-1948), Socialisme et Liberté, mensuel (1948-1949), la revue Banque et Bourse, animée par Christian Pineau et qui la présente en 1952 comme « la seule revue économique du Parti socialiste ».

Entre décembre 1955 et décembre 1957 parait un hebdomadaire « socialisant », Demain, dirigé par Charles Ronsac et Jacques Robin. En mars 1959, La Nation Socialiste, mensuel fondé par Auguste Lecœur et Pierre Hervé, devient un journal socialiste après l’adhésion des militants de la Nation socialiste (ex-communistes) à la SFIO. C’est, jusqu’en 1962, un mensuel de doctrine, de controverse, « ni journal officiel ni journal de tendance ».

Dans les années 1960, les clubs se multiplient. Quelques bulletins comme Tribune Libre, « au service de la rénovation du PS SFIO pour une opposition constructive », animé par Claude Willard, paraissent en 1964.

En vue de la présidentielle de 1965, Gaston Defferre et Roger Quilliot sortent Horizon 80, bulletin de l’association Horizon 80 en 1964-1965.

Pierre Mauroy fonde, en 1966, le CEDEP, centre d’études et de promotion qui publie un bulletin du même nom entre 1966 et 1970.

En 1966, Jean-Pierre Chevènement et quelques amis créent le CERES, Centre d’étude, de recherche et d’éducation socialiste, qui publie Les Cahiers du CERES et un mensuel intitulé CERES.

La presse et les bulletins des fédérations (nous n’avons parfois que quelques numéros ; nous contacter pour ces titres) :

Allier : Le Réveil socialiste de l’Allier (1944-1954). Ardennes : Feuille d’information de la fédération des Ardennes (1952-1953). Dordogne : Bulletin intérieur de la fédération socialiste de la Dordogne (1953-1954). Drôme : Bulletin intérieur, fédération SFIO de la Drôme (1949-1959) Haute-Garonne : L’Espoir, hebdomadaire interfédéral du Parti socialiste, Toulouse (1948). Gers : Le Gers Socialiste, organe mensuel de la fédération du Gers (très lacunaire). Gironde : Bulletin hebdomadaire intérieur de la fédération de la Gironde PS SFIO (1950-1951). Isère : L’Espoir socialiste, hebdomadaire des socialistes de l’Isère et des démocrates (1949-1952). Maine-et-Loire : Effort social, bulletin mensuel de liaison de la fédération socialiste de Maine-et-Loire (1956-1957). Manche : Bulletin intérieur, Parti socialiste SFIO, fédération de la Manche (1952-1954). Pas-de-Calais : L’Espoir, bulletin de la fédération socialiste du Pas-de-Calais (1944-1969). Savoie : Le Savoyard socialiste, 1949. Seine : Bulletin intérieur fédéral, fédération socialiste de la Seine (1944-1946), Action municipale socialiste, bulletin intérieur de la fédération de la Seine des élus (1950-1951), Le Lien socialiste, organe des groupes socialistes de la Région parisienne (1945), Le Combat social, organe de la fédération de la Seine du Parti socialiste SFIO (1952-1967). Seine-et-Oise : Bulletin fédéral (1945-1958). Tarn : Au Cri des Travailleurs succède en 1950, en fusionnant avec Le Populaire Dimanche, le Tarn Dimanche qui disparaît en décembre 1951, « relayé » » deux mois avant par Le Républicain du Tarn. À usage interne, on pourra lire le Bulletin fédéral de la fédération SFIO du Tarn (1946-1958). Var : L’Avenir, organe de la fédération socialiste (SFIO) du Var (1950-1955). Vendée : Bulletin fédéral (1952-1957). Vienne : Le Lien, organe de la fédération socialiste de Vienne, (1950-1956). Haute-Vienne : Bulletin d’information de la fédération socialiste de la Haute-Vienne (1953).
Outre-Mer : Le Populaire de Guinée (1955-1956), AOF, Echo de la Côte occidentale d’Afrique, organe officiel de la fédération SFIO, Sénégal-Mauritanie, dirigé par Lamine-Gueye (1954-1957) ; Liberté, organe de la fédération socialiste SFIO de la Guyane (1966-1966).

Presse des sections et de municipalités : Seine : Le Régional de la Banlieue Est (1948-1949), L’Avenir de la banlieue de Paris, animé par Édouard Depreux (1952-1959), La Gazette du Parti, organe mensuel des sections socialistes 1, 2, 8, 9, 16, 17, 18e arrondissements de Paris, dirigé par Daniel Mayer (1952-1957), Militants, organe de la 14e section de la Seine (1966-1968), Le Démocrate du Nord-Est, édité par la section de Rosny-sous-Bois (1956-1957), La Voix du Kremlin-Bicetre, hebdomadaire dirigé par Charles Pot (1959-1962), Nord-Est Banlieue, mensuel de l’Est parisien (1960-1965), Le Prolétaire de Clichy (1961-1962), et divers bulletins reliés.

Les socialistes expatriés en Allemagne ont leur Bulletin entre 1964 et 1965.

Regroupement de la gauche 1965-1969

Dans le cadre de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (1965-1969), des partis et clubs se regroupent. Ils participeront à la réunification de la gauche non communiste dans les années 1969 :

L’union des groupes et clubs socialistes (UGCS), club animé par Jean Poperen, édite à partir de 1967 : UGCS Bulletin politique. Pour le socialisme : union de la gauche.

Gilles Martinet publie Pouvoir socialiste, bulletin politique de l’association pour un pouvoir socialiste (1967-1970).

La Convention des institutions républicaines (CIR), présidée par François Mitterrand, diffuse un mensuel Combat Républicain, accompagné d’un supplément intitulé les Cahiers de la CIR (1966-1968). À partir de novembre 1968, elle sort une revue mensuelle Dire, « la nouvelle revue de la gauche socialiste, dont Claude Estier est le rédacteur en chef.

Pierrre Bérégovoy animateur à Paris du club « Socialisme moderne » publie un bulletin mensuel Socialisme moderne en 1968-1969.

FC.