ACTUALITE
L'OURS
PUBLICATIONS
DEBATS DE L'OURS
LIVRES DIFFUSÉS
SEMINAIRE OURS
ARCHIVES BIBLIOTHEQUE
TEXTES, IMAGES, DOCUMENTS
L'OURS Signale (colloque,
LIENS UTILES
NOUS ECRIRE
 
Nous joindre
L'OURS 12 Cité Malesherbes 75009 Paris
Tél. 01 45 55 08 60
Pour être informé de nos activités (réunions, parutions, séminaires…), laissez nous un message électronique :
e-mail : info@lours.org
 
L'OFFICE UNIVERSITAIRE DE RECHERCHE SOCIALISTE
 
les sociétés européennes face à leur passé
« les sociétés européennes du XXIe siècle face à leur passé »
Colloque international (Reims 5 – 7 mai 2008)


Les enjeux de mémoire ont toujours été fortement présents au sein des sociétés humaines. Il semble cependant que, récemment, nos sociétés aient encore accru leurs soucis de mémoire pour les transformer en exigences de mémoire.
Dans sa monumentale entreprise des lieux de mémoire – relayée d’une façon ou d’une autre dans tous les autres pays européens – Pierre Nora avait souligné que l’éloignement de nos sociétés contemporaines de leurs ancestrales racines rurales se traduisait par l’accroissement des préoccupations mémorielles et patrimoniales, et l’Etat ou les collectivités territoriales sont régulièrement sollicitées pour relayer les nombreuses demandes issues de ces multiples micro-sociétés en quête de continuité et de préservation historiques.
Plus profondément, l’écran mémoriel a été particulièrement sollicité ces dernières décennies pour servir ou légitimer telle ou telle cause historique et, généralement, politique. Pour nous limiter à la France, le bicentenaire de la Révolution française et des guerres de Vendée, l’anniversaire du baptême de Clovis, la polémique sur le génocide imputé à Napoléon, les controverses sur les héritages français de l’esclavage, du colonialisme, de la collaboration et de la participation au génocide des Juifs européens, la controverse inédite opposant en 1998 le président de la République Jacques Chirac à son Premier Ministre Lionel Jospin à propos des mutins de 1917, la révélation du caractère massif de la pratique de la torture en Algérie, la polémique sur la prise en charge du souvenir de la Shoah par les enfants du Primaire, nous n’en finirions pas de citer tous ces miroirs du passé qui éclairent nos obsessions présentes. Aujourd’hui, la France est assurément malade de son passé.
Certes, notre pays possède une indéniable spécificité dans ce domaine, en raison de sa relation longtemps fusionnelle avec l’Histoire. Même la récente campagne présidentielle ne put faire l’économie d’un procès en instrumentalisation historique à propos des références brandies par Nicolas Sarkozy à telle ou telle figure de la gauche socialiste ou résistante, alors que d’autres scrutateurs instruisaient un procès en extrémisme à son encontre en relevant sa dissociation, bien gaullienne au demeurant, entre la République (contingente) et la France (éternelle).
Pour autant, la France n’a pas l’apanage de ces combats en apparence historiques mais en réalité politiques, même si un seuil a été franchi depuis quelque temps par l’intervention de l’Etat non seulement dans la gestion de la Mémoire mais aussi dans la dictée de l’Histoire, comme l’a illustré l’adoption de multiples lois mémorielles.
Interroger l’éventuelle spécificité française en examinant comment le passé, dans divers pays européens a été réactivé, par qui et pour quels enjeux, et quelles furent les réponses apportées à ces interrogations mémorielles par les sociétés comme par les Etats, tel est le but du colloque international qui se réunira à Reims du 5 au 7 mai 2008. Certes, l’ampleur de la question nous interdit d’espérer atteindre l’exhaustivité. Nous souhaitons livrer à la discussion scientifique les premiers résultats de certaines études sectorielles et nationales, en élargissant le débat au-delà des cercles, séparés et restreints, des spécialistes.

Le colloque est ouvert à tous et il est organisé dans le cadre des Rencontres internationales d’histoire culturelle de Reims, dont le Comité scientifique est ainsi composé :
- Jean-Jacques Becker : Professeur d’Histoire contemporaine à l’Université de Paris-X-Nanterre
- Philippe Buton : Professeur d’Histoire contemporaine à l’Université de Reims
- Franck Collard, Professeur d’Histoire médiévale à l’Université de Paris-X-Nanterre
- Robert Gildea, Professeur d’Histoire contemporaine à l’Université d’Oxford
- Heinz-Gerhard Haupt, Professeur d’Histoire contemporaine à l’Institut universitaire européen de Florence
- Pieter Lagrou, Professeur d’Histoire contemporaine à l’Université libre de Bruxelles.

Pour tous renseignements complémentaires :

jérome.malois@univ-reims.fr

philippebuton@hotmail.com
« Les sociétés européennes du XXIe siècle face à leur passé »
Colloque international (Reims, 5 – 7 mai 2008)
PROGRAMME

LUNDI 5 MAI : 14h : Ouverture du colloque
1ère séance : La mémoire du passé dans les sociétés anciennes
Présidence : Claire PRÉVOTAT, Professeur émérite à l’Université de Reims

- Pierre ELLINGER, Professeur à l’Université Paris VII Denis-Diderot
La mémoire des maux en Grèce ancienne : entre oubli, revenants et héroïsation

- Jean-Pierre MARTIN, Professeur émérite à l’Université de Paris-Sorbonne
Rome face à son passé

- Colette BEAUNE, Professeur émérite à l’Université de Paris-X-Nanterre
Moyen Âge : la guerre civile dans le royaume de France

- Caroline CALLARD, Maître de Conférences à l’Université de Paris Sorbonne
De la censure à la hantise. Passés inopportuns de France et d’Italie (XVIe-XVIIe siècles)

2ème séance (a) : Questions, traumatismes et revendications mémoriels
Présidence : Heinz-Gerhard HAUPT, Professeur à l’Université de Bielefeld et à l’Institut universitaire européen de Florence

- Philippe BUTON, Professeur d’Histoire contemporaine à l’Université de Reims
La Première Guerre mondiale et sa mémoire européenne

- Nicolas WERTH, Directeur de recherches au CNRS (IHTP)
Les combats de « Mémorial » contre l'oubli des crimes du communisme

- Jean-François BOULANGER, Professeur agrégé à l’Université de Reims
Le baptême comme mythe identitaire. Clovis et Vladimir : les exemples français, russes et ukrainien

MARDI 6 MAI
2ème séance (b) : Questions, traumatismes et revendications mémoriels
Présidence de la séance de la matinée : Annette BECKER, Professeure à l’Université de Paris-X-Nanterre

- Mazyar KHOOJINIAN, Doctorant à l'Université Libre de Bruxelles
Les grandes revendications mémorielles en Turquie

- Voglis POLYMERIS, Professeur à l’Université de Thessalie
The Greek Civil War and the Politics of Memory

- Stéphane MICHONNEAU, Maître de conférences à l’Université de Poitiers
La mémoire de la Shoah en Espagne, 1992-2007

- Annette WIEVIORKA, Directrice de Recherches au CNRS
La mémoire de la Shoah en France

- Daniel LEFEUVRE, Professeur d'Histoire contemporaine à l’Université Paris-VIII
Le passé colonial et nous : histoire d'un retour

- Eric SAVARESE, Maître de conférences en science politique à l’Université de Perpignan
Des revendications mémorielles à la gestion des conflits. Les guerres de mémoires algériennes à travers le cas de Perpignan

MARDI 6 MAI
3ème séance : Formes de reconnaissance : vecteurs, supports, formes, réponses
Présidence de la séance de l’après-midi : Olivier DARD, Professeur à l’Université de Metz

- Françoise LANTHEAUME (Maître de conférences à l’Université de Lyon-II) et Vincent CHAMBARLHAC (Chercheur associé au Centre G. Chevrier de l’Université de Bourgogne)
L’émergence d’une politique de la reconnaissance en France à la faveur de questions controversées : quelle articulation entre science, politique, et enseignement ?

- Julie MAEK, Docteure en Histoire contemporaine (Université Libre de Bruxelles)
Le Film documentaire, agent de l'histoire ? Regards croisées entre les écritures documentaires et historienne de la destruction des Juifs d'Europe de 1960 à nos jours

- Thomas HOCHMANN, ATER en droit public à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne
Les limites à la liberté d'expression relatives aux discours sur le passé

- Sophie WANICH, Chargée de recherches au CNRS
Les Musées de guerre en Europe occidentale et orientale

- James MARK, Lecturer, University of Exeter
Sites of Terror : Displaying the Communist and Fascist Past in central-eastern Europe

- Oriane CALLIGARO, Doctorante à l’Institut Universitaire Européen de Florence
Quelle mémoire pour l'Union Européenne?

MERCREDI 7 MAI
4ème séance (a) : Les fièvres mémorielles d’aujourd’hui
Présidence de la séance de la matinée : Bernard LEGRAS, Professeur à l’Université de Reims

- Gilles FERRAGU, Maître de conférences à l’Université de Paris-X-Nanterre
Le Saint-Siège et les silences de l’histoire

- Jean-Jacques BECKER, Professeur émérite à l’Université de Paris-X-Nanterre
La crise mémorielle en France

- Robert GILDEA, Professor of Modern History à l'Université d'Oxford,
Une société sans mémoire? la Grande Bretagne

4ème séance (b) : Les fièvres mémorielles d’aujourd’hui
Présidence de la séance de l’après-midi : Franck COLLARD, Professeur à l’Université Paris X - Nanterre

- Antonio COSTA PINTO, Professeur à l’Institute of Social Science, University of Lisbon
La démocratie portugaise et la mémoire de l’autoritarisme et du dernier colonialisme

- Pieter LAGROU, Professeur d'histoire contemporaine à l'Université Libre de Bruxelles
Les temporalités du discours victimaire

- Henry ROUSSO, Directeur de recherches au CNRS (IHTP)
Conclusions

16h20 : clôture du colloque

Les séances du colloque ont lieu à la Médiathèque Jean Falala (prés de la Cathédrale)
 

 
© L'OURS - 12 cité Malesherbes 75009 Paris