ACTUALITE
L'OURS
PUBLICATIONS
DEBATS DE L'OURS
LIVRES DIFFUSÉS
SEMINAIRE OURS
ARCHIVES BIBLIOTHEQUE
TEXTES, IMAGES, DOCUMENTS
L'OURS Signale (colloque,
LIENS UTILES
NOUS ECRIRE
 
Nous joindre
L'OURS 12 Cité Malesherbes 75009 Paris
Tél. 01 45 55 08 60
Pour être informé de nos activités (réunions, parutions, séminaires…), laissez nous un message électronique :
e-mail : info@lours.org
 
L'OFFICE UNIVERSITAIRE DE RECHERCHE SOCIALISTE
 
Bergounioux/Politiques Publiques Sarkozy / L'OURS
Un quinquennat de préemption, par Alain Bergounioux

Jacques de Maillard et Yves Surel (dir), Les politiques publiques sous Sarkozy, Sciences-Po Les Presses, 2012, 402 p, 25 €

Article paru dans L’OURS 417, avril 2012, p. 4


Une campagne électorale est le moment des bilans. La nature du « sarkozysme » est un objet d’interrogations et un doute existe pour savoir s’il a une cohérence et s’il y a autre chose qu’un opportunisme fondamental. Cet ouvrage vient à point nommé.

Le fait majeur pour comprendre est sans aucun doute de replacer la politique de Nicolas Sarkozy dans le mouvement qui a saisi les droites dans les années 1980, et a amené une radicalisation de leurs positions, économiquement, en adoptant un cours plus libéral, socialement, en accentuant les mesures contre l’immigration et en renforçant les politiques de sécurité. Mais, avec Nicolas Sarkozy, par rapport à d’autres gouvernements conservateurs, les orientations ont été changeantes ; il a été libéral comme dirigiste, environnementaliste comme industrialiste, etc. C’est pour cela que le livre collectif proposé par Jacques de Maillard et Yves Surel est précieux. Il examine, en effet, minutieusement les politiques publiques menées dans le quinquennat écoulé. Cela permet d’éviter les simplismes et de dresser un bilan précis.

Trois phases chronologiques se distinguent, les deux premières années, qui juxtaposent une politique favorable aux catégories favorisées, qui s’exprime dans la loi TEPA, et un essai « d’ouverture », comme la mise en œuvre du RSA ; les politiques marquées, ensuite, par la crise financière et les problèmes de la dette, qui voit revenir l’interventionnisme de l’État, et une volonté de « représidentialisation » du style de Nicolas Sarkozy ; la phase de pré-présidentielle, enfin, qui contredit sur de nombreux points les choix initiaux, particulièrement en matière de fiscalité.

Les méthodes du management privé
Cela dit, quelques constantes apparaissent dans ces cinq années, malgré le caractère erratique de nombres des politiques suivies. Les auteurs notent la continuité de la reconfiguration de la protection sociale, pour accroître la part de l’effort individuel, l’accentuation continue des politiques répressives en matière de sécurité, la conduite des réformes administratives, notamment en matière d’éducation, par les méthodes du « management privé ».

Dans leur présentation générale Jacques de Maillard et Yves Surel s’interrogent pour savoir si, conformément aux discours de la campagne de 2007, Nicolas Sarkozy a mené de réelles ruptures, mettant en œuvre ainsi un « quinquennat de reconstruction ». Leur conclusion est qu’il s’agit davantage d’un « quinquennat de préemption » qui a privilégié plus les annonces que les réalités et qui a laissé inachevées ou incomplètes nombre de réformes, comme celle des retraites ou de l’université, pourtant revendiquées hautement par Nicolas Sarkozy.
La politique européenne constitue évidemment une part importante dans le jugement qui peut être porté. Héritier de choix antérieurs, Nicolas Sarkozy a cependant tranché plus nettement en faveur d’une politique intergouvernementale privilégiant le tête-à-tête franco-allemand. Les affaires européennes ont été entièrement centralisées à l’Élysée – ce qui était une tendance déjà présente – mais cela a conduit aussi à éloigner les problèmes européens du débat démocratique.

Alain Bergounioux
 

 
© L'OURS - 12 cité Malesherbes 75009 Paris