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L'OFFICE UNIVERSITAIRE DE RECHERCHE SOCIALISTE
 
Déclaration de principes de 1946
Pr�sentation de la d�claration de principes de 1946 :

Le texte de 1946 a �t� con�u dans un tout autre contexte. Apr�s les �preuves de la guerre o� la SFIO a failli dispara�tre, la n�cessit� de refonder le parti, en tirant les le�ons des ann�es �coul�es, non seulement depuis 1940, mais depuis 1917 et la r�volution bolchevique, �tait profond�ment ressentie par les dirigeants issus de la R�sistance. La pr�paration de la d�claration a �t� confi�e � L�on Blum, revenu de Buchenwald. Apr�s l�examen de conscience du socialisme r�alis�e dans A l�Echelle Humaine, L�on Blum voulait mener une r�novation id�ologique de la SFIO. Tout en �tant fid�le au marxisme sur un grand nombre de points � tout particuli�rement la condamnation de la propri�t� capitaliste � il entendait d�finir avant tout un � socialisme humaniste �. Pr�sentant son projet de texte au congr�s d�ao�t 1945, il a d�fendu � une synth�se entre la dialectique marxiste, que d�cid�ment je ne veux pas appeler mat�rialisme historique, et l�id�alisme jauressien, que j�appelle id�alisme sans aucun scrupule de pens�e �. Mais, il s�est heurt� aux critiques de la gauche trotskysante du Parti et aux r�ticences des � n�o-guesdistes � dont le chef de file �tait un d�put� du Pas-de-Calais, encore peu connu, Guy Mollet. Les termes du conflit qui trouva sa conclusion au congr�s d�ao�t 1946, commen�aient ainsi d��tre pos�s. Le texte adopt� le 24 f�vrier 1946, � Paris, par l�Assembl�e nationale ayant pouvoir de Congr�s, fut donc un texte de compromis. Il r�affirmait le caract�re � essentiellement r�volutionnaire � de la SFIO et la n�cessaire socialisation des moyens de production et d��change, tout en insistant sur l�importance de la d�mocratie. � Il n�y a pas d��mancipation du travail si la cit� n�est pas libre �. Les diff�rences avec le communisme �taient nettement pos�es. Mais L�on Blum dut abandonner le terme � d�action de classe � qu�il voulait substituer � la notion de � lutte de classe �. Cette d�claration a finalement r�sum� assez bien la double nature du socialisme fran�ais qui, depuis Jaur�s, voulait r�aliser un �quilibre entre la r�forme et la r�volution, la nation et l�internationalisme.
A.B.
Texte de la déclaration de principes de 1946

Le but du Parti socialiste (SFIO) est de libérer la personne humaine de toutes les servitudes qui l’oppriment, et, par conséquent, d’assurer à l’homme, à la femme, à l’enfant, dans une société fondée sur l’égalité et la fraternité, le libre exercice de leurs droits et de leurs facultés naturelles.
Le caractère distinctif du Parti socialiste est de faire dépendre la libération humaine de l’abolition du régime de la propriété capitaliste qui a divisé la société en classes nécessairement antagonistes, et créé pour l’une la faculté de jouir de la propriété sans travail, pour l’autre l’obligation de vendre son travail, et d’abandonner une part de son produit aux détenteurs du capital.
Fermement attaché à la liberté de conscience et à la laïcité de l’État et de l’école, le Parti socialiste a pour action propre de grouper sans distinction de croyances philosophiques ou religieuses la masse de travailleurs de tous genres - travailleurs intellectuels ou manuels - sur le terrain politique, économique et doctrinal, en vue de la conquête des pouvoirs publics, condition non suffisante mais nécessaire de la transformation sociale.
Le Parti socialiste est un parti essentiellement révolutionnaire : il a pour but de réaliser la substitution au régime de la propriété capitaliste d’un régime où les richesses naturelles comme les moyens de production et d’échange deviendront la propriété de la collectivité et où, par conséquent, les classes seront abolies. Cette transformation accomplie dans l’intérêt de tous les hommes, ne peut être l’œuvre que des travailleurs eux-mêmes. Quels que soient les moyens par lesquels elle sera accomplie, elle constitue par elle-même la révolution sociale. C’est en ce sens que le Parti socialiste a toujours été et continue d’être un parti de lutte de classe, fondé sur l’organisation du monde du travail.
Il est un parti essentiellement démocratique, parce que tous les droits de la personne humaine et toutes les formes de la liberté sont indissolubles les unes des autres. Il n’y a pas d’émancipation du travail si la cité n’est pas libre. Les libertés démocratiques étendues et développées sont à la fois l’élément nécessaire de tout régime socialiste, et le moyen d’assurer au prolétariat, au sein même du régime capitaliste, les réformes progressives qui améliorent sa condition et accroissent sa capacité révolutionnaire.
Il est un parti tout à la fois national et international.
Essentiellement national parce qu’il n’y a pas de travail libre dans une nation asservie ou sujette, parce que les travailleurs que les abus du capitalisme tendaient à rejeter hors de la patrie, s’y sont réintégrés eux-mêmes par un siècle et demi d’efforts et de sacrifices, que la patrie est aujourd’hui leur bien, et en grande partie leur œuvre, et qu’ils sont déterminés à la défendre.
Essentiellement international parce que les lois de l’économie ont pris un caractère universel, parce que les intérêts de tous les travailleurs sont solidaires aussi bien que les droits et les devoirs de tous les hommes, parce que le premier de ces intérêts, la paix, ne peut être assuré en dehors de leur organisation et de leur action internationales.
La déclaration de 1969
 

 
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